Comment le reconnaître
Le Prince-de-Galles se lit à ses deux échelles superposées. De près, un fond de petits carreaux faits d'une trame serrée, souvent proche du pied-de-poule, couvre toute la surface. Par-dessus, un grand quadrillage de lignes plus espacées dessine des fenêtres régulières. C'est cette combinaison d'un micro-motif de fond et d'une grande grille claire qui le caractérise.
Le tout reste sobre et de faible contraste, dans des gris, des beiges ou des bruns, parfois traversé d'un unique fil coloré, bleu ou rouge, qui souligne la grande grille sans la rompre. L'échelle est double par définition : le fond se révèle à courte distance quand la grande grille structure la surface de loin. Son contraste limité le rend facile à lire comme un ton animé plutôt que comme un motif criard.
D'où vient le nom
Le motif doit son nom français au Prince de Galles qui l'a mis à la mode ; l'anglais le nomme glen check, d'après la vallée écossaise où la trame à deux échelles a été tissée.
À quoi cette forme convient
Ses deux échelles et son faible contraste en font un motif subtil : il paraît uni de loin, se révèle à l'approche, et n'impose jamais une direction au regard puisque sa grille est équilibrée. C'est l'un des rares carreaux qui s'intègre à une tenue construite sans en devenir le sujet, grâce à ses tons sourds.
Son registre est celui du tailleur et du costume classiques, urbain et discret par essence. La version relevée d'un fil coloré gagne un peu de présence sans quitter la sobriété ; les grandes versions, plus visibles, demandent comme tout carreau une coupe qui raccorde la grille aux coutures.
Avec quoi le porter
Il convient au pantalon tailleur, à la jupe crayon et à la veste de costume, où son fond sourd fait un uni animé. On le laisse seul maître de la tenue et on reprend l'une de ses teintes, le gris le plus souvent, dans les pièces unies qui l'entourent, le fil de couleur servant de rappel discret.