Un motif se lit sur quatre axes, et ces quatre axes suffisent à décrire n'importe lequel des dessins de cette page. L'échelle d'abord : micro quand le dessin tient sous un ongle, moyen quand on le distingue à un mètre, grand quand une seule répétition occupe la largeur d'une main. La régularité ensuite : un motif géométrique se répète sur une grille, un motif organique se disperse sans alignement. Le contraste enfin, serré quand les deux valeurs sont proches, franc quand elles s'opposent.
Les conséquences sont concrètes. Un micro-motif bichrome se lit comme un uni de loin et ne se révèle qu'à courte distance ; sur un écran, sa répétition très fine entre en conflit avec la grille de pixels et produit un scintillement, le moiré, qui ne se voit pas sur la pièce réelle. Un grand motif, lui, reste lisible de loin mais se retrouve coupé par les coutures et les pinces, si bien qu'une petite pièce n'en montre que deux ou trois fragments.
Dernier point de méthode : plusieurs de ces dessins existent aussi bien tissés dans l'étoffe qu'imprimés dessus. Cette page décrit le dessin et ce qu'il produit à l'œil ; la manière dont l'étoffe est faite se consulte au rayon des matières.
Les repères pour s'y retrouver
Commencer par l'échelleMesurez du regard une répétition complète du dessin. Sous l'ongle, le motif fera office de couleur ; de la largeur d'une main, il sera le sujet de la tenue.
Géométrique ou organique ?Un carreau, un pois, un damier se répètent sur une grille et se prolongent par le calcul. Un léopard, un tie and dye, un fleuri en semis se dispersent sans qu'on puisse prévoir l'élément suivant.
Le contraste avant la couleurDeux valeurs proches donnent un motif qui se comporte presque comme un uni, quelle que soit sa taille. Deux valeurs opposées rendent le même dessin visible de l'autre bout de la rue.
Tissé ou imprimé ?Chevron, tartan, vichy, pied-de-poule et Prince-de-Galles désignent aussi des façons de construire une étoffe. Le dessin reste le même dans les deux cas ; pour l'étoffe, voir le rayon des matières.
Comment associer deux motifs sans que le regard hésite ?
Deux motifs de même échelle et de même contraste se disputent le regard : aucun des deux ne devient le sujet. En les choisissant d'échelles franchement différentes, un micro et un grand par exemple, l'un sert de fond et l'autre de motif principal. C'est une explication, pas une règle à suivre.
Pourquoi certains motifs scintillent-ils sur les photos et les écrans ?
Parce que leur répétition est plus fine que la grille de points de l'écran ou du capteur. Les deux grilles se superposent et créent des ondulations parasites, le moiré. Le phénomène touche surtout les micro-motifs bichromes serrés et disparaît sur le vêtement réel.