Comment le reconnaître
Le vichy est le plus régulier des carreaux : une seule couleur sur fond blanc, en bandes de largeur strictement égale à l'horizontale et à la verticale. Trois valeurs apparaissent alors automatiquement : le blanc du fond là où rien ne se croise, la couleur pleine là où deux bandes se superposent, et une valeur intermédiaire, moitié couleur moitié blanc, dans les cases où une seule bande passe.
C'est cette troisième valeur née du croisement qui signe le vichy et le distingue d'un simple quadrillage. Les carrés sont parfaitement carrés, l'ordre est immuable, et l'échelle courante est petite à moyenne : un vichy fin se lit de loin comme un ton pastel uni, un vichy large montre nettement ses trois valeurs et son damier de cases claires et foncées.
D'où vient le nom
Le motif tient son nom français de la ville de Vichy, où l'on tissait le coton à carreaux qui l'a popularisé ; l'anglais le nomme gingham, d'après le tissu léger à carreaux dont il s'inspire.
À quoi cette forme convient
Sa régularité parfaite et ses trois valeurs douces en font un motif calme, qui se comporte presque comme un uni animé à petite échelle : l'œil ne s'accroche à aucune direction, la grille étant équilibrée. Agrandi, il gagne en présence et prend un air plus franc, mais garde toujours une lecture sage grâce à son contraste limité à une seule couleur.
Son registre est frais, léger, estival et champêtre, associé de longue date aux toiles de coton. Le petit vichy passe partout et se marie facilement ; le grand vichy à forte valeur devient plus graphique et demande, comme tout carreau, une coupe qui raccorde les cases aux coutures.
Avec quoi le porter
Un petit vichy sur un chemisier ou une jupe patineuse reste doux et champêtre ; un grand vichy sur une robe chemise s'affirme sans jamais devenir criard, puisqu'il n'emploie qu'une couleur. Il se marie bien à un uni repris dans sa teinte et supporte mal un second carreau de même finesse.