Manches

Manche kimono

Aussi appelé manche coupée à même, manche d'un seul tenant.

Manche coupée dans le même morceau de tissu que le devant et le dos du vêtement, donc dépourvue de toute couture d'emmanchure.

Schéma d'une manche kimono : ligne d'épaule continue sans couture, seule couture sous le bras tracée en pointillé.
Schéma d'une manche kimono : ligne d'épaule continue sans couture, seule couture sous le bras tracée en pointillé.

Comment le reconnaître

Le signe du kimono est une absence. En suivant du doigt le haut du bras vers le cou, on ne rencontre aucune couture : ni arc autour du bras, ni ligne au bout de l'épaule. L'emmanchure, l'ouverture dans laquelle une manche séparée viendrait normalement se coudre, n'existe pas ; le patron prolonge directement l'épaule du corps en une aile de tissu.

Ce qui reste, c'est une seule couture continue qui part du bas du vêtement, remonte le long du côté, passe sous le bras et file jusqu'au bord de la manche. Le tissu se plisse en biais au creux de l'aisselle, parce qu'il y travaille dans un sens pour lequel il n'a pas été découpé. Plus la manche est proche de l'horizontale, plus ces plis obliques sont visibles.

D'où vient le nom

Le mot renvoie au kimono japonais, vêtement dont les manches sont taillées dans la continuité du corps ; en couture, il désigne désormais ce principe de coupe, sur n'importe quel vêtement.

À quoi cette forme convient

La ligne est douce et continue : rien ne marque l'articulation de l'épaule, ce qui arrondit une carrure très droite et supprime le point dur d'une couture posée au bout de l'os. Les épaules paraissent légèrement plus larges et plus basses. Les mouvements vers l'avant sont faciles ; lever le bras très haut l'est moins, parce que le corps du vêtement remonte avec le bras.

Le registre est celui des pièces souples et des coupes amples : blouse, robe fluide, pull en maille, veste non structurée. En tailleur strict, le kimono est rare, puisqu'il ne permet pas de construire une épaule nette ni d'y poser une épaulette.

Avec quoi le porter

Comme la couture d'épaule disparaît, les proportions reposent entièrement sur la taille : une ceinture, un nœud ou un bas taille haute redonnent un point de repère. Une robe caftan ou une blouse kimono se porte ainsi volontiers marquée à la taille plutôt que laissée droite.

On évite de superposer par-dessus un vêtement à emmanchure étroite, qui bride le tissu travaillant en biais. Un gilet long et ouvert, ou une seconde pièce montée en raglan ample, se superposent beaucoup mieux.

Ne pas confondre avec

Manche montée

La montée est son contraire exact : la manche y est une pièce séparée, cousue dans une emmanchure fermée, avec une couture visible qui fait le tour du bras au bout de l'épaule.

Manche raglan

Le raglan est aussi une pièce rapportée, mais sa couture part du col en diagonale jusqu'à l'aisselle ; le kimono n'a pas de couture du tout à cet endroit.

Manche chauve-souris

La chauve-souris désigne le volume et non la coupe : son ouverture descend jusqu'à la taille et son bas est resserré, ce qu'un kimono étroit ne fait pas.

Questions fréquentes

Comment vérifier qu'une manche est bien coupée en kimono ?

Il suffit d'étaler la pièce à plat et de regarder l'épaule : s'il n'y a ni couture descendant du cou vers le bout de l'épaule, ni arc cousu autour du bras, la manche est taillée avec le corps. La seule couture doit courir du côté du vêtement jusqu'au bord de la manche, sans interruption.