Comment le reconnaître
Le repère est l'élément de base, le boteh : une forme en goutte dont la pointe se recourbe d'un côté, comme une virgule ou une flamme penchée. Cette goutte se répète sur toute la surface, souvent orientée en alternance, et son intérieur comme ses bords se couvrent de fines volutes, de points et de petites fleurs stylisées qui en remplissent le dessin.
Le motif est dense et courbe, sans aucune ligne droite, et mêle un fond uni à un réseau serré d'ornements. Les couleurs sont traditionnellement riches et contrastées, mais les versions de mode le déclinent dans toutes les gammes. C'est la goutte recourbée répétée, et le foisonnement de volutes qui l'habillent, qui signent le cachemire au premier regard.
D'où vient le nom
Le motif du boteh vient des châles de laine du Cachemire ; l'Occident l'a nommé paisley d'après la ville écossaise de Paisley, où l'on a tissé en grand nombre les châles qui l'ont diffusé.
À quoi cette forme convient
Dense, courbe et ornementé, le cachemire est un motif riche qui occupe le premier plan et se lit comme un imprimé à part entière. Ses volutes sans direction franche répartissent le regard sur toute la surface ; en tons proches il se calme en un fond animé, en couleurs vives et contrastées il devient franchement décoratif et chargé.
Son registre va du bohème au classique selon les couleurs, du foulard de soie au châle de laine. C'est un motif fort, que l'on dose en une seule pièce et que l'on entoure d'unis repris dans l'une de ses teintes ; sa densité supporte mal la concurrence d'un second motif chargé.
Avec quoi le porter
Il s'emploie volontiers sur un foulard, un chemisier ou une robe caftan, et reste le motif principal de la tenue. On reprend l'une de ses couleurs dans les pièces unies qui l'entourent ; en petit, sur un accessoire, il se marie plus facilement, en grand il appelle de la sobriété autour de lui.